L'ile lointaine

 
Je suis né dans une ile amoureuse du vent
Où l’air a des senteurs de sucre et de vanille
Et que bercent au soleil du tropique mouvant
Les flots tièdes et bleus de la mer des Antilles.
 
Sous les brises, au chant des arbres familiers,
J’ai vu des horizons où planent des frégates
Et respiré l’encens sauvage des halliers
Dans ses forêts pleines de fleurs et d’aromates.
 
Contre ces souvenirs en vain je me défends.
Je me souviens des airs que les femmes créoles
Disent au crépuscule à leurs petits enfants,
Car ma mère autrefois m’en apprit les paroles.
 
Et c’est pourquoi toujours mes rêves reviendront
Vers ces plages en feu ceintes de coquillages,
Vers les arbres heureux qui parfument ses monts
Dans le balancement des fleurs et des feuillages. 

Daniel Thaly